Khalil Khalsi

Chercheur postdoctoral à l’Université du Québec à Montréal, CÉLAT - Centre et laboratoires de recherche en cultures, arts et sociétés.

Docteur en Littérature comparée de l’Université de Montréal et de La Sorbonne Nouvelle (Paris-3), Khalil Khalsi est actuellement chercheur postdoctoral au CÉLAT - Centre et laboratoire de recherches Arts, Cultures, Sociétés, à l’Université du Québec à Montréal (Canada). Il a été journaliste culturel à Tunis avant de travailler comme consultant auprès de l’UNESCO à Paris de 2012 à 2014. Il a à son actif cinq articles scientifiques et collabore régulièrement aux revues québécoises "Liberté" et "Spirale".

Thèse : Par-delà le rêve et la veille : la fin du monde. Une approche cosmologique de l'entre-deux. S. Hedayat, I. al-Koni et A. Volodine

Directeur(s) de thèse : Xavier Garnier, Simon Harel (Université de Montréal)

Cette thèse propose d’étudier l’entre-deux du rêve et de la veille sous un angle cosmologique. Notre hypothèse est que chacun des textes du corpus véhicule une vision particulière du monde médiée par un plan interstitiel à travers lequel les protagonistes négocient leur identité ainsi que leur rapport au monde, notamment en contexte d’apocalypse culturelle. Dans le cha-pitre zéro, nous inscrivons notre propos dans le champ discursif contemporain s’attelant à réévaluer le concept de « grand partage » sur lequel se base l’ontologie moderne (Descola, Latour, Morin). Cette déconstruction nous amène à considérer le rapport de médiation que rêve et réel peuvent entretenir dans un contexte de crise de l’imagination (Augé), de sorte à interroger le type de réel porteur d’avenir que cette logique dialectique (Benjamin) permet d’envisager. À l’aune de ce dispositif épistémologique, le premier chapitre s’intéresse au ro-man La Chouette aveugle (Bouf-e-kour) de l’Iranien Sadegh Hedayat (1936). À travers l’entre-deux du rêve et de la veille, transparaît l’effondrement de la cosmologie perse antique, qu’un ange-femme signifie au narrateur en venant mourir dans son lit ; l’analyse herméneu-tique et sémantique du texte révèle le basculement d’une vision du monde prémoderne, basée sur le déchiffrement du Réel imaginal par l’« angélophanie » (Corbin), à une perspective spectrale soumettant le présent à l’intempestivité d’une origine irrévocablement morte (Derri-da). Dans le second chapitre, l’analyse de Poussière d’or (al-Tibr) du Touareg Ibrahim al-Koni (1990) fait apparaître l’entre-deux comme le socle d’une structure cosmique où les êtres s’opposent et se complètent entre visible et invisible (Claudot-Hawad) ; à travers la descente aux enfers que vit le protagoniste entre rêve et veille, l’étude cosmologique dévoile toute une écologie qui étend le territoire de l’humain à travers celui de l’esprit et de l’animal, de sorte à le faire accéder à « l’unité de l’existence » dont le désert est l’équation. Le troisième et dernier chapitre se consacre à l’analyse du Port intérieur d’Antoine Volodine (1995), et du post-exotisme en général, qui imagine l’entre-deux du rêve et de la veille comme un médium de transmigration ; nous proposons de voir comment l’apocalypse, sans cesse réactivée, lève le voile sur l’horreur du réel que les personnages réélaborent dans une éternelle transition. En-fin, la mise en écho de ces trois œuvres permet de considérer la capacité du rêve à générer du réel au seuil de l’inconnu de l’avenir, que la littérature invite à reconcevoir par le biais d’une refondation cosmologique.

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